Parc départemental de l'Île Saint-Germain

L’Île Saint-Germain

La campagne à Paris et sur l’eau 

Dans un méandre de la Seine, en aval de Paris, une petite terre insulaire de 18 hectares s’étend sur la commune d’Issy-les-Moulineaux offrant un paysage changeant qui ferait presque oublier la ville. Alors direction la station du Tramway T2 Les Moulineaux pour profiter de la nature à quelques minutes du centre Paris.

Une ancienne friche industrielle

En amont, l’île est accessible depuis le Pont d’Issy qui relie les villes de Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux, cette ancienne friche industrielle a connu une histoire riche.

Vue aérienne Île Saint-Germain

Dès 1840, tous les dimanches, les promeneurs et autres canotiers se bousculent sur l’Île. On y danse, on y joue, on s’y détend et on s’y baigne… Le « vert paradis » de cette nature insulaire est également fréquenté par les peintres durant la seconde moitié du 19ème siècle. La pointe aval de l’Île se couvre progressivement de riches villas et de jardins édifiés par des propriétaires en quête d’une nature enchanteresse.

Entre les deux-guerres, les dépôts et hangars s’établissent le long des quais de la Seine. Aux activités commerciales et militaires s’ajoutent l’urbanisation irréversible de l’époque et fait apparaître un paysage industriel au détriment d’une nature foisonnante. Peu à peu l’industrialisation intensive fait fuir les propriétaires de l’île, les demeures se délabrent et sont progressivement remplacées par des maisons plus modestes d’ouvriers de plus en plus nombreux à venir travailler aux usines Renault voisines.

Victoire sur le béton

L’Île Saint-Germain et le parc départemental représentent une jolie victoire de l’environnement sur l’industrialisation et l’urbanisation sauvage. C’est à partir des années 80 qu’un projet d’aménagement suivi de travaux colossaux sont entrepris. 35 bâtiments sont démolis, 45 000 m3 de terre végétale viennent enrichir le sol, 1 500 arbres et 3 500 arbustes sont plantés et en 1996 8 hectares supplémentaires sont aménagés. Aujourd’hui le parc départemental s’organise sur une succession de pelouses entrecoupées de massifs boisés. Des mouvements de terre le long de la Seine atténuants les bruits de la circulation du quai de Stalingrad succèdent à de petits sentiers qui sillonnent le parc.

Parc départemental de l'Île Saint-Germain (c) CD92 / Willy Labre

Cette oasis urbaine compte plusieurs jardins. Du jardin des lavandes qui offre des espèces méditerranéennes au jardin des imprévus à la flore exubérante et sauvage, des espaces se découvrent au fil de la balade.

Et à l’est du parc, l’Hourloupe…

Figure de proue de l’Île Saint-Germain et de la Vallée de la culture, La Tour aux Figures appartient au monde imaginaire de Jean Dubuffet : l’Hourloupe. Reposant sur des fondations plantées à 35 mètres de profondeurs, cette sculpture monumentale de 24 mètres dévoile un graphisme sinueux fait de rayures et de hachures noires sur fond blanc. Des couleurs essentielles constituants les huiles, les dessins, constructions et autres sculptures de cet artiste majeur de l’art du 20ème siècle.

Tour aux Figures Parc départemental de l'Île Saint-Germain (c) CD92 / Olivier Ravoire

Une ossature en béton armé, une peau faites en stratifié de verre époxy et une peinture polyuréthane font de cette sculpture phare de l’art brut, une ½uvre vivante. Inaugurée en 1988 et propriété de l’Etat, La Tour aux Figures a d’ailleurs subi les aléas du temps qui ont altéré la vision d’ensemble de l’½uvre. Pour en assurer la sauvegarde et la valorisation pérenne, l’Etat cède la Tour au Conseil départemental des Hauts-de-Seine en mars 2015.